vendredi 17 avril 2015

On va dans un café pour relaxer un peu


On va s’attabler dans un café pour relaxer un peu en pleine nuit. Une armée de nains déguisés en lapin de pâque de toutes les couleurs pastelles débarquent et envahissent le commerce. Ils nous tirent dessus avec des pistolets à clou. 

Cela ne me fait pas peur car, étant une artiste, je suis de toutes les révoltes et donc je m’imagine que je suis de leur bord. Du moins, ça me semble logique. Mais ils me tirent dessus. Même qu’ils me tirent beaucoup dessus. Au final, je suis la plus touchée et j’ai le corps couvert de clous. Ils ne sont pas enfoncés  très profondément dans la peau alors je commence à les enlever pour les mettre devant moi sur la table. 

Quelqu’un me fait remarquer que ce ne sont pas des clous mais des piercings et que je dois aussi enlever la bille qui est restée prise sous la peau. J’extrais les billes en poussant avec mes doigts comme on pète un bouton ou qu’on extrait une tique. C’est plus compliqué et ça fait un peu plus mal mais je sais que ça ne sert à rien d’aller à l’hôpital parce que je suis pauvre, ils ne vont pas s’occuper de moi. 

Bientôt j’ai tout un tas de piercing différents et maculés de sang devant moi sur la table du café. Et je suis plutôt contente d’avoir tous ces bijoux.  Je vais pouvoir les vendre. J’en aurai bien gardé un ou deux sur mon corps mais comme je n’en ai aucun sur le visage et que ce n’est pas pratique un piercing sur l’épaule ou dans le dos, je vais tous les enlever. J’en ai un très gros dans le ventre avec une bille gigantesque, grosse comme un oignon et couverte de moutarde qui va rejoindre les autres sur la table, c’est vraiment dégueulasse. 

La fille qui fait la barista derrière le comptoir du commerce est dégoûtée, elle ressemble à Betty Page avec un look retro rockabilly. Elle appelle la police pour leur signaler la présence d’une psychotique instable en pleine crise maniaque et demande qu’on vienne lui donner une amende de 10 000$. Je comprends qu’elle parle de moi et je m’enfuis en courant avec les bijoux dans mes poches qui font gling! Gling!

 Je grimpe une passerelle qui enjambe une autoroute. Mais ce n’est pas une passerelle, c’est une grande sculpture en forme de pieuvre pas très solide.  Une patte se brise quand je passe de l’autre côté. Je la prends, la roule et la met dans ma poche, pour qu’on ne sache pas que c’est moi qui aie vandalisé l’œuvre publique. Je ne trouve pas de poubelle pour m’en débarrasser et en plus quelqu’un m'a vu. 

Je suis poursuivis jusque dans un immeuble gouvernemental ou il faut que je monte jusqu’aux derniers étages pour me sauver. Mais à chaque pallier, la sécurité du bâtiment arrête ou inverse les escalateurs pour que je ne puisse pas continuer. Ça ne me dérange pas parce que je prends les escaliers. Par contre les gens me bloquent le passage en prenant leur temps dans les escaliers et  ça m’ennuie vraiment. En plus, je dois souvent m’arrêter pour prendre des photos d’enfant avec mon smartphone car les applications de reconnaissance faciale et de localisation les identifies comme étant les miens.

samedi 11 avril 2015

Cthulhu à Innsmouth

Cthulhu à Innsmouth
Huile
5'' diamètre (9,5'' avec le cadre)
Avril 2015

Je trouvais que ça manquait de Cthulhu à "Ultramarine", notre exposition sur le thème de la mer au Repaire des 100 talents. Alors j'ai pris sur moi de remédier à la situation.

samedi 4 avril 2015

L’affaire Poukenwaine


L’affaire Poukenwaine est un mystère qu’on n’a jamais élucidé. Premièrement, comment a-t-il fait pour échapper aux rafles? Nikola Poukenwaine est juif, il vivait à Varsovie dans les années 1940. Un homme riche a donné beaucoup d’argent pour l’épargner. Mais qui est cet homme et pourquoi a-t-il fait ça? 

À la fin de la guerre, Nikola va s’établir dans un quartier ouvrier, comme journalier, il travaille pour des salariés. Il vit très pauvrement avec sa femme et son enfant. On n’a retrouvé son nom sur aucune liste et on croit même que Poukenwaine n’était pas son vrai nom mais la combinaison de deux autres noms. Tout  ce que je sais de lui c’est qu’il avait les cheveux blonds et une tuque bleue pâle.

samedi 28 mars 2015

Mother of pearl

La forteresse de la perle*
Acrylique
14'' x 18''
Mars 2015

*Le titre est inspiré par un roman de la série de Elric de Melniboné par Michael Moorcock. Mais la peinture n'a aucun rapport avec ces livres, ces juste que ce titre m'inspirait. En anglais, je l'aurais intitulé mother of pearl mais la traduction française n'est pas aussi évocatrice, selon moi.

Voici mon oeuvre pour notre exposition Ultramarine au Repaire des 100 talents. Exposition qui commence le 1 avril et ce n'est pas une blague. C'était mon idée et ça me tenait à cœur de faire une expo avec des poissons qui commence le 1 avril.

samedi 21 mars 2015

Le cinéma de Liam Ilim




Liam Ilim possède un cinéma à son nom dans un temple antique avec de hautes colonnes grecques, en Inde, au milieu du désert. En attendant la projection du film, elle grimpe sur l’arche, qui ressemble à une estrade métallique de couleur rouille. L’arche décolle et s’élève soudainement au dessus des colonnes qui se télescopent. 

Cependant la jeune femme est encore perchée au sommet  et elle voudrait redescendre. Mais avant tout, il lui faut comprendre comment fonctionnent les différentes sections des sièges disposés au balcon, au parterre etc.. Liam trouve la télécommande et réussi à placer des nouvelles colonnes afin de modifier le chemin de l’arche pour construire un parcours qui la conduira jusqu’à l’extérieur. 

C’est le désert à midi sous un soleil de plomb et un prince Indien vient la voir avec une foule de gens vêtus de soies étincelantes. Le prince indien exécute une cérémonie autour de moi. Il me peint le visage à gros coups de pinceaux rouge et or pour ensuite me parer d’un voile diaphane brodé d’or. Un groupe de jeunes-filles viennent se moquer de moi. Par dépit j’indique à l’une d’elle que je vois pulser sa carotide dans son cou avant de leur tourner dos et de m’en retourner au temple. 

Le prince m’a donné le pouvoir d’infliger au gens les mêmes malheurs qui arrivent à mon voile. J’y vois une grosse déchirure que je n’ai pas causée, sur le côté de ma tempe. La fille qui s’est moqué de moi commence à saigner. Un épouvantable torrent de sang gicle de son artère sous le regard horrifié du public. Le sang éclabousse le temple qu’il nappe de grandes taches écarlates, là où on retrouve les glyphes qui sont pareil à mon maquillage, du côté où mon voile s’est brisé.

samedi 14 mars 2015

Je ne connaîtrai pas la peur, car la peur tue l'esprit.

Sur un scénario de Luc Poudrier

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samedi 7 mars 2015

Un transistor qui capte les fréquences fossiles







À la galerie, on trouve un appareil radio à transistor si vieux qu’il aurait enregistré des fréquences fossiles. On le transforme pour pouvoir amplifier le son et écouter les enregistrements antédiluviens. Je le décor avec de la laine de toutes les couleurs. Quand on écoute l’enregistrement, c’est une musique étrange et rythmée, très grave, dans laquelle on entend clairement : « ph'nglui mglw'nafh Cthulhu R'lyeh wgah'nagl fhtagn »

Les lumières s’éteignent brusquement dans la galerie et c’est inquiétant car c’est la nuit. Je sorts dehors sur le trottoir, terrorisée.

Un de nos amis arrive à la galerie et nous dit qu’on a une bombe à retardement. Elle est cachée dans le panneau électrique derrière le bureau. Notre ami fouine et trouve une petite caisse rectangulaire tout en miroirs qu’il désactive facilement. On regarde sur nos caméras de surveillances et on reconnait un gars à manches courtes, c’est Firmin*. On se demande vraiment pourquoi ce gars-là a voulu nous poser une bombe et on ne saisit pas la raison pour laquelle il pourrait nous en vouloir.

Toujours est-il que, sur ces entre-faits, Firmin se re-pointe à la galerie et va examiner notre transistor mine-de-rien. Je vais le foutre dehors sans ménagement en lui disant bien de ne plus jamais mettre les pieds dans ma galerie d’art. 



*J’ai changé le nom pour que personne ne se reconnaisse. Anyway c’est un rêve donc ça n’a pas rapport.