dimanche 23 février 2014

La Loteria de Frida


Voici ma carte de Lotería Mexicaine interprétée selon l'univers de Frida Kahlo.

Je me suis inspirée de sa peinture "Le cerf blessé" pour reprendre la carte "EL VENADO".

Le jeu de Loteria est un projet de notre galerie "Le repaire des 100 talents". Nous avons demandé à 9 artistes d’interpréter une carte du jeu de Loteria dans L'esprit de Frida Kahlo. Et nous vendons ces cartes à la galerie. Elles sont uniquement disponible à la galerie, il n'est pas possible de les commander par internet.

Pour plus de renseignement, consultez cette page de notre site web.

mercredi 12 février 2014

J’ai vu ses yeux ouverts



Je me réveille et je vais regarder par la fenêtre. C’est encore la nuit, c’est l’hiver et il y a beaucoup de neige accumulée dehors. Tout à coup je vois un gros conteneur de métal parcourir le stationnement du logement d’en face en roulant sur lui-même dans un grand vacarme de ferraille. C’est le genre de cloche qui était utilisé pour ramasser les matières recyclables. 

Il s’arrête en allant s’écraser contre une automobile blanche postée devant une voiture de police. Le conteneur résiste au choc mais l’une de ses arêtes enfonce la carrosserie du véhicule. 3 ou 4 policiers sortent du conteneur  et se précipitent dans leur voiture. Ils se font tirer dessus.   

Je comprends alors que les policiers viennent de s’échapper d’une situation précaire en se cachant dans le conteneur qui pouvait parer les balles leur étant destinées. Malgré la bizarrerie du stratagème, ils m’impressionnent quand même un peu. L’intense boucan réveille tout le voisinage et les gens sortent dehors dans une aube maussade. 

J’entends du monde dire que quelqu’un saigne. Où? Qui? Est-ce qu’on peut l’aider? La foule s’est accumulée autour des clôtures en bois qui ceinture la cours de mon voisin de gauche. Ils ont une piscine ronde remplit d’eau brunâtre, recouverte de feuilles mortes et polluée de neige sale, creusée à même un sol boueux et piétiné. Le gazon gelé est mort d’avoir passé l’hiver sous la neige et quelques touffes malingres renaissent ça et là. L’eau de la piscine est partiellement recouverte d’une couche de neige glacée. 

Les gens lancent des grosses roches dans l’eau pour faire des vagues qui font émerger un cadavre. Je lance une grosse pépite d’or et le mort sort de l’eau jusqu’à la taille. Sa bouche est une plaie sanglante et le sang s’écoule sur son torse jusque dans l’eau. J’ai vu ses yeux ouverts. J'étais loin mais j'ai vu ses yeux morts.

jeudi 6 février 2014

Hommage à Frida Kahlo


Hommage à Frida Kahlo
Acrylique sur toile
21" x 27 " (encadré)
Février 2014


Voici l'une de mes oeuvres pour notre exposition en hommage au célèbre peintre Mexicain Frida Kahlo au Repaire des 100 talents pour février-mars 2014. J'ai choisis de m'inspirer d'une de mes oeuvre préférée " Les Deux Fridas".

Je voulais montrer la dualité, car c'est un thème que j'aime aborder. La Frida qui souffre et qui est vulnérable, et Frida colorée, dans sa robe de Tehuana, avec des oiseaux. Je reprends le thème du cœur sur la palette de peintre et les pinceaux qui peignent avec du sang qu'elle a illustré dans son "autoportrait avec le  Docteur Farill". Ainsi que plusieurs autre motifs qui reviennent dans ses oeuvres, comme le soleil et la lune (le jour et la nuit), la banderole tenue par des oiseaux, les racines vaisseaux sanguins...

Dans la banderole, il est écrit: "Les deux Fridas, celles qui souffre et celle qui est joyeuse." 

mardi 4 février 2014

Elle vole en dormant



Je suis en vacances dans la forêt et plein d’abeilles viennent sur moi. J’ai peur qu’elles me piquent. Je reste immobile, les paupières fermées pour qu’elles n’entrent pas dans mes yeux et j’essaie de souffler dessus pour qu’elles s’en aillent mais elles entrent sous mes vêtements. Je ne veux pas leur toucher, je risquerais de les blesser ou de les tuer en les chassant. Les abeilles sont précieuses et je voudrais les protéger. Elles finissent par s’en aller toutes seules sans me piquer. 

Un très grand nombre d’oies blanches nous survolent, bien que ça ne soit pas le temps de leur migration. J’aime beaucoup regarder le vol des oies en formation. Mais là il y en a tellement qu’elles ne peuvent former leur « V » habituel et se regroupent par grappes à différentes hauteurs dans le ciel. Je suis comblée, émerveillée et fascinée. On dirait qu’elles volent en dormant. 

Deux ou trois oies juvéniles se posent dans ma cours, leur pelage est plus sombre. Ensuite, elles ne savent pas par où repartir car les autres oies sont déjà toutes passées, elles ont disparues. J’essaie de leur indiquer quoi faire et par où aller en battant des bras pour faire comme si je volais et en pointant une direction dans le ciel par où les autres sont allées. 

Deux d’entre eux décollent mais il en reste encore un, le plus jeune. Deux oies perchées dans des arbres moutonneux de pollen blanc émettent des cris menaçant en agitant leurs ailes comme des corbeaux car elles ne comprennent pas mes intentions et veulent protéger leur petit. Le père de l’oie est beaucoup plus gros et dessiné à la façon d'une animation de Tex Avery. Il prend son petit dans le creux d’une de ses ailes avec un grand rire bienveillant et sa femme le rejoint. Ils forment ensemble un cercle comme en font les parachutistes en chute libre et ils s’envolent. Le père les propulse dans les airs à l’aide d’une seule de ses ailes gigantesques.

mardi 28 janvier 2014

Les chiens en vagues de sang déferlent sur la plage



 

Il y a un jeu de Tetris dont les blocs sont des petits personnages. Mais c’est très difficile et je ne suis pas très douée. Passé un certain niveau, on entre dans un tableau bonus où il faut créer et faire exploser une bombe (un peu comme dans "Incredible machine"). Plus la bombe sera complète, plus l’explosion sera belle. 

Le jeu est dans un univers 3d où on ne contrôle qu’une seule direction : par en avant. Et on se promène dans une décharge incolore et nappée de brume. La bombe est un robot "Pizza worm" qui se promène en flottant (et qui dit "miom!")  auquel on doit ajouter de plus en plus de pièces en les pigeant dans les détritus. Le serpent s’agrandit et ne doit toucher à rien ni à lui-même comme dans "Nibbles". Je ne pourrai le faire exploser que lorsqu'il aura atteint le maximum de sa grandeur, pas avant. Je suis bien certaine de n’avoir rien oublié mais je ne trouve pas la touche sur le clavier pour appuyer sur son nez. Alors j’y vais moi-même. 

Mon explosion crée un grand nuage de fumée blanche qui prend la forme d’un torse de femme, lequel se déchire pour laisser apparaître un grand Ibis verdâtre. L’oiseau s’ouvre et dans son sein se trouve une flèche ensanglantée. Et les gouttes de sang en tombant sur le sol créent une vaste mer turquoise dont les chiens en vagues de sang déferlent sur la plage.

mercredi 22 janvier 2014

Les créatures hors-champs de l'hôtel


C’est la nuit et je fuis dans un marécage gelé, recouvert d’une fine couche de glace. Je suis poursuivit dans la forêt par un sorcier chevauchant un oiseau géant. Une ombre me protège et me prend dans ses bras pour me cacher.

J’entre dans un hôtel victorien inquiétant où tout est sombre. Il semble hanté. Le maître d’hôtel me montre la sonnette d’urgence qui n’est pas dans ma chambre mais sur le palier, sous la main courante de la rampe d’escalier. Et elle ne communique pas à la réception mais à une autre chambre. J’essaie pour voir et ça fonctionne, le locataire me répond. Je sonne une seconde fois pour lui demander s’il pourra m’aider au cas où j’ai un problème, il m’assure que oui. Je réalise que j’ai oublié de lui demander quel est le numéro de sa chambre mais je n’ose pas rappeler une troisième fois. 

Je soupçonne l’intendante de vouloir transformer ma petite sœur en loup-garou. En fait, je l’ai vue le faire. Mais elle se transformait plutôt en larve immense et toute sèche comme si elle était congelée, et orange comme une nouille frite. La nuit j’entends un bébé qui pleur mais quand je sors dans le couloir, je ne vois que le purificateur d’air et je me demande si ce n’est pas ça qui émet les bruits inquiétants. Je trouve que ma sœur a des drôles de symptômes et les gens dans l’hôtel sont étranges. 

Je vois un homme minuscule de dos, la tête tournée par en arrière mais le visage tout noir et inexistant, comme s’il était lyophilisé. Trois personnes le touchent en même temps et il regagne sa taille en donnant de l’énergie aux gens. Je remarque que ma sœur aussi est immobile. Je vais la toucher et la même chose se produit pour moi, j’ai beaucoup plus de force. 

Je sors dans la rue pour trouver des gens à qui je pourrais demander de l’aide. Je vois un groupe de garçons qui veulent jouer à des jeux vidéo. Je sais qu’ils sont déjà allés à l’hôtel mais je ne parviens pas à les aborder. Ils entrent dans une arcade et je vais sur une terrasse manger de la crème glacée fondue au fudge avec des gros morceaux de chocolat. C’est très bon mais ils viennent me dire que je ne dois pas trop en manger car ensuite je n’aurai plus faim. Mais ça m’est égal car je n’ai pas l’intention de manger d’autre chose. 

À côté de moi, il y a un grand écran sur lequel est projeté le jeu vidéo de l’hôtel. L’image est figée sur le gros plan d’une foule. Il me dit que les créatures hors-champs sont les plus inquiétantes de l’univers du jeu par ordinateur. Et il s’en va. Je me rends compte que j’étais comme figée et muette, je n’ai pas pu lui demander son aide.

jeudi 16 janvier 2014

Mauve



Je suis mariée à un vieux Tchétchène et j’habite dans une yourte. C’est la nuit. Je crie et je me débats mais je ne parviens pas à m’enfuir. J’ai le vague sentiment que je ne le veux pas assez et cela me frustre autant que ma captivité.

Je vais voir mes voisins pour qu’ils m’aident à  m’enfuir. C’est Nadezhda Tolokonnikova des Pussy Riot avec une cagoule, et sa fille. Elle me dit que je devrais changer mon nom pour un de mes pseudonymes que j’utilise sur internet. Et je n’en ai pas vraiment envie. Je ne peux pas « unliker » mon mari sur facebook car il m’a fait signer un étrange contrat de mariage composé par lui stipulant qu’en mon nom il m’était interdit de mettre fin à notre relation sur internet.

Je me sauve et je vais traverser les murailles pour sortir du pays. C’est complexe. Il y a pleins de cosaques mais ils me laissent passer. Les couloirs pour traverser le mur sont des labyrinthes alambiqués où il faut glisser, marcher à genoux et parfois dans une gouttière un pied à la fois. Je parviens à traverser et les gardes ne font presque pas attention à moi. On me donne un passeport découpé en rond se dépliant comme un accordéon et un café expresso dans une minuscule tasse de carton toute molle, avec un couvercle et de la mousse.

Je vole au dessus d’un paysage de collines vertes et le soleil est éclatant dans un ciel bleu sans nuages. Mais comme c’est un jour férié, une fête, le ciel est plein d’avions et d’hélicoptères qui trainent des banderoles avec des slogans publicitaires et des QR codes. Il y en a tellement que je me demande comment elles font pour ne pas se rentrer dedans et s’emmêler dans les bannières de autres. Leur ballet complexe me laisse à peine de la place pour manœuvrer et je décide d’atterrir. Je me couche sur le dos dans l’herbe pour me laisser dorer par le soleil qui est tellement fort que je tends ma main devant mon visage pour ne pas m’aveugler et je sens avec délice la chaleur du soleil sur ma paume.

Mais je ne dois pas rester là car quand mon mari s’apercevra de mon absence, il me poursuivra avec des cosaques. Je me lève brusquement et je commence à courir vraiment vite.