vendredi 26 septembre 2008

Les pêcheuses de prunes

Nous sommes parties au moment où les couleurs s’éveillent.
L’histoire tissera nos cheveux dans les algues, bien avant le soir.




Une vague immobile regarde mon visage.
Quel est ce secret qui perle sur mes lèvres?




Non, j’ai trop bu l’angélique.
Son vert me retient au fond de l’eau.
Comme un noyé qui regarde vers le ciel,
Et voit des oiseaux de feu fondre vers lui.




Quand les villageois guetteront notre retour,
Il est possible que nous n’ayons rien pour eux.
Qu’ils s’endorment le cœur froid.




Le ciel se drape d’un velours léthargique.
L’ancre ne remontera jamais plus.




Dis-moi, ai-je trop vu ou trop écris?
Réponds, est-il vrai que la mer s’éteint?




Non, il n’y aura plus jamais de mots pour décrire le silence.
Dormons, pendant que l’heure dérive.



Modèle vivant en duo à l’espace Ars Longa, le 25 septembre.

2 commentaires:

Encre a dit…

Le poème et les dessins sont vraiment très beaux et s'appellent tellement l'un l'autre. Pour cette série de nues comme pour la précédente, j'avoue avoir un faible pour les simples tracés, sans ajout d'ombres, qui laissent tout deviner et sont très poétiques. Ça fait voyager l'esprit.

Adeline Lamarre a dit…

Justement je me demandais si c'était vraiment une bonne idée d'afficher aussi les une minutes. Je vais continuer dans ce cas, merci.