dimanche 7 septembre 2008

Sabrokann

Plusieurs vaisseaux noirs, forgés comme des orgues, approchèrent notre ville. Ils étaient cinq, plus hauts que le ressac le plus terrible, et aussi atroces qu'une longue infection.

Les Creux, pour servir le Roi des rats, nous ont attachés dans leurs calles. À l'île Sabrokann nous serons leurs épiphanies.

Cette douleur, rythmant noirceur avec décadence des houles profondes, s'établit l'oublié des vasques. Impossible de percer les ténèbres, il ne peut que les effleurer. Ma souffrance prend vie contre les clapotements de l'eau sur ses flancs.

Nos plaintes n'eurent aucune prise sur la longue éternité qui nous aspira sans haleine. En attendant je chante dans ma tête une petite musique dont les airs sont un cœur de brise.

Il n'y a pas de soleil à Sabrokann.

Trouver la créativité dans la mort.
On raconte que du sang coula de leur pierre quand ils la façonnèrent. Bulbeuse et boursouflée, la sculpture est une vésicule malade. Et pourtant ils la mangeaient.





C'est une esquisse pour Chimeris -Vaar- Maléïrikur, le tome deux.
Je trouve que pour une bédéiste qui publie un blog, j'y mets très peu de bd.
Mais ça devrait changer bientôt. J'ai enfin terminé d'écrire mon scénario et j'ai commencé ma bd hier. Je vais publier ici une planche à la fois, au compte goutte. Mais pour ceux qui auront lu Chimeris -Sirus-, vous aurez la suite sans trop attendre.

4 commentaires:

guy a dit…

Je me demandais justement quand la suite sera prête... j'agonise dans l'attente! Ou bien tu devras me conter la suite de vive voix!

Adeline Lamarre a dit…

Hum!
Ça m'embête, mais je ne pense pas pouvoir faire mieux qu'une planche par semaine. J'espère augmenter le rythme après décembre.

guy a dit…

L'héroïne de Chimeris porte des lunettes fumées (violet il me semble) parce qu'elle vient d'un monde où on ne voyait jamais la lumière du soleil. Je trouvais l'idée bonne dans le contexte que la BD est en noir et blanc avec beaucoup d'encre noire -- le medium sert le message. Si elle finit par enlever ses lunettes vas-tu produire des planches couleur? ;-) J'imagine que c'est trop dispendieux, évidemment.

Adeline Lamarre a dit…

Commentaire très pertinent ici. Car c'était exactement dans mon idée. Sauf que je vais rester dans le noir et blanc, pour les raisons évoquées. C'est trop cher à produire.
Sauf que si un jour une éditeur daigne s'intéresser à moi...
Mais j'ai arrêté d'y croire.
Et quand j'en parle à mes amis qui sont engoncés dans les cotes de galeries et les autres qui font les quatres volontés de leur éditeurs... Je me dis que je ne sais pas apprécier ma chance d'être underground (certes) mais totalement libre... et pas diffusée du tout. Bon, tant pis.