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samedi 15 juin 2013
mercredi 10 avril 2013
mercredi 27 mars 2013
mercredi 27 février 2013
mercredi 13 février 2013
Les rouspéteux
Je voyage en autobus et je m’endors. Quand je
me réveille, je suis sortie de la ville et je roule dans une forêt ensoleillée.
Mais ce qui me surprend le plus, c’est le silence. J’ai l’impression d’être toute
seule dans le bus. Il y a 3 ou quatre autres personnes silencieuses. Ils sont
changés en pierre et devant nous c’est la mer. Il semblerait que la route s’arrête
à nos pieds et qu’on soit sur le point d’y plonger tête première.
mercredi 7 mars 2012
Une station d’autobus nommée Regret
Je m’en retourne à Montréal. En chemin, je m’arrête à une station de ravitaillement pour routier (station-service, resto, dépanneur…). Je voudrais m’acheter à souper dans la station-service. Mais il n’y a pas grand-chose que je puisse manger, à part des salades cuisinées sur les lieux. La seule salade sans gluten est aux tomates et je trouve aussi une barre de noix au miel. Je cherche des fruits mais il n’y en a pas. La caissière me propose : « un thé glacé au citron avec ça? Ou un jus de fruit? » Mais la gérante, qui passait à ce moment, réprimande son employé. Selon le code, elle ne peut offrir un autre article au client tant que le produit maison, ma salade en l’occurrence, n’est pas payée. Elle doit donc me faire la salade à la moitié du prix normal.
Des danseuses nues sont employées pour laver les vitres. Elles sont vêtues de bustier noir à nœud papillon et de bas filets dorés. Comme il fait très chaud, elles retirent leur bas de nylon, ne portant pas de slip en dessous. Leurs jambes son recouvertes de poussière d’or.
Je veux manger des fruits et je vais voir dans le McDonald à côté s’il n’y en aurait pas. Mais c’est peine perdue. J’ai beau être dans un rêve, il n’y aura pas de fruits dans un McDo. Au mieux des jujubes, mais ce n’est pas ce que je cherche. Des mascottes en plastique à l’effigie des personnages de McDo font le service : McDonald, Grosse douceur, Pique-Burger et l’oiseau lève tôt.
En sortant du restaurant, je marche pieds nus sur des éclats de verre. Heureusement, aucun ne me blessent mais ils restent collés sur ma peau. Quelqu’un aurait glissé sur une pastille à moitié sucée et aurait renversé une bouteille de porto qui attendait toute seule, debout sur le trottoir. Elle s’est cassée en mille miettes sur le bitume. Les danseuses sont en train de ramasser et elles viennent m’aider à décoller les morceaux sous mon pied pendant que le gérant mène l’enquête. J’ai trouvé la pastille fautive mais il ne veut pas que je la touche car il ne faut pas manipuler les preuves.
vendredi 18 mars 2011
lundi 14 mars 2011
vendredi 11 mars 2011
Jet lag
Je suis dans le salon et je placote avec un ami. C’est le soir et je vais bientôt aller me coucher. Je ne porte qu’un t-shirt noir taché de peinture sous ma robe de chambre rouge. Il ne fait pas froid.
Je m’assois et les deux pans de ma robe de chambre s’écartent, révélant mes jambes. Je les abrilles en rabattant le tissus par-dessus. Mon ami me fait remarquer que je cache mon corps comme si j’en étais trop fière pour permettre qu’on le regarde. Mon corps n’a rien de spécial, il est comme les autres, ni mieux, ni pire. Je n’ai pas à le cacher, tout le monde a déjà vu ça.
Mon ami semble épuisé. Comme il vient de très loin, je dis que c'est sans doute à cause du Jet lag et il me regarde avec un drôle d’air. Je n’ai pas compris tout de suite, mais c’est peut-être parce qu’il est dans mon rêve. Sur le coup j’ai l’impression qu’il n’a pas saisit le sens de mon expression. Je m’excuse en disant qu’ici, à Montréal, on parle souvent en français et en anglais en même temps. Je dis donc : décalage horaire. Il répond : «Non, ce n’est pas à cause de ça.» Et Jet lag n’est pas nécessairement si anglais que ça. Il me récite l’étymologie du mot*. Et au final, je trouve qu’il est étrange de déclarer qu’un mot appartient à une langue ou à une autre parce qu’ils proviennent presque tous des mêmes racines.
Je crois que mon ami doit vraiment me trouver décevante. J’en suis désolée et moi aussi je suis fatiguée. Mais je suis très heureuse de cette conversation, alors je lui dis merci. Et, avant d’aller me coucher, je vais le serrer dans mes bras et je l’embrasse sur les deux joues. Il sourit. Il a l’air content. Fais de beaux rêves!
*Jet lag
Jet : vient du latin iactus (un lancer) et donc du verbe jeter. C’est un mot d’origine française qui semble étrangement devenir un anglicisme quand on parle de l’avion (sans doute parce que les anglais utilisent le mot aussi (!!?!)).
Lag : J’ai eu de la difficulté à trouver quoi que ce soit. Ça aurait probablement la même étymologie que « last ». Et ça viendrait du vieil ou du moyen anglais.
C’est donc un mot typiquement montréalais soit, anglais et français.
vendredi 4 mars 2011
Nigelles de Damas
lundi 24 janvier 2011
Le portrait du peintre
Disons que je montre mes toiles dans une exposition collective où je ne connais personne. La galerie est bourrée de monde. On a peine à circuler, à voir les œuvres et à reconnaître les artistes. Habituellement, ce sont ceux qui sont le moins bien habillés. Comme moi. Tout de même, ce soir, j’ai fait un effort et j’ai opté pour le décolleté, à défaut d’avoir mieux à montrer que moi-même, ou mon œuvre. Mais il y en a un pour qui les stratégies de l’apparence n’ont aucune importance. Et j’ai nommé : le robineux de service. Celui qui se glisse en douce dans tous les vernissages pour profiter du vin d’honneur et dîner au buffet. Il m’énerve! Il pue et personne n’ose le foutre dehors au cas où ce serait vraiment un artiste. Il ne parle à personne : the artist’s attitude!
Je vais aller lui parler moi.
-Alors, c’est de vous ces toiles? Dis-je en lui montrant MES toiles juste pour le confondre.
Comble de l’insulte, il me répond que oui, avec un petit air entendu.
Mais pourquoi est-ce que je m’occupe de ce type-là? J’ai l’impression que ça va mal finir pour moi. Je n’ai pas envie d’engager la conversation avec l’itinérant. Mais c’est trop tard. On m’a vu lui causer. Ce qui signifie que si je lui parle à lui, je peux parler avec n’importe qui et, par extension, être intéressée par la conversation : Shit!
Voilà l’autre qui s’est approprié mes toiles pour disserter sur mes œuvres comme si elles étaient les siennes. Bla bla bla à propos de l’intention, de la forme et de je me câlisse complètement du fond. Le tout semblait se diriger vers une soirée ennuyante jusqu’à ce qu’on me demande ce que j’avais fait, moi.
-Ben… exactement ce que l’autre prétend avoir fait. C’est moi Adeline.
Mais figurez-vous que non, ce n’est pas moi. Adeline, c’est le pseudonyme de jeunesse de ce vieil artiste dans la rue qui produit des toiles avec ce qu’il trouve. C’était le nom de sa petite sœur, qui est morte très jeune parce que la vie est donc dure, on crève de faim, il fait froid et plein d’autres trucs sordides qui font que cet homme est une pauvre victime malheureuse, pitoyable et il faut l’aider, il faut être à genoux devant le talent qu’il déploie malgré tout. Quant à moi, je ne suis qu’une petite jeune trop éduquée, trop jolie pour avoir du talent et travailler fort.
Bien vite, c’est moi qu’on va flanquer à la rue.
Ça ne m’est jamais arrivé, mais parfois j’ai l’impression que si j’étais un vieil homme barbu, j’aurais plus de crédibilité en tant que peintre.
lundi 24 mai 2010
Les estompes progressives
(Archives 2006, esquisse pour Mike-dos)
On m’a offert un grain de beauté en cadeau, dans un bouquet de fleur.
(Archives 2006, Variation sur l’univers de Chirico)
On fait manger un petit danseur de claquette juif à un chanteur du Xerxès pour qu’il comprenne le rythme.
(Archives 2007, métro)
L’artiste Gao Xingjian utilise des petites images d’Épinal chinoises communiste dans ses œuvres. Un jeune garçon se cherche du travail auprès d’un cultivateur qui lui explique que la démarche des saisons chinoises est différentes du Québec.
(Archives 2008, métro)
lundi 26 avril 2010
Les restes de déshumance
(Archives, métro 2007)
Nous sommes perdus en forêt. La petite Jo-Jo, la poupée de chiffon saigne du doigt mais elle ne laisse personne l’approcher. Je lui fais la bise sur son bobo.
(Archives, improvisation sur retaille de papier Ingres Fabriano 2004)
Mais moi aussi je suis blessée car je me suis battue contre les hommes-lézards. Mon amie mime la station service à un chien pour lui demander d’aller chercher de l’aide.
(Archives, dessin automatique 2007)
Ça fonctionne, le chien nous ramène un ballon de basket-ball... et un indien homme-moufette qui va pouvoir me soigner, c’est un prof de philo.
mardi 13 avril 2010
Éléphantaisie
Nous sommes en vacances et nous promenons à vélo sur le bord de l’autoroute 20. Nous voyons des lionceaux.

(Archives, métro 2007)
Nous savons que la mère n’est pas loin et qu’elle va nous attaquer. Mais on ne parvient pas à s’en aller. Une grande lionne nous poursuit et nous allons nous réfugier entre les voies, au milieu de l’autoroute. Nous voulons aussi franchir une rivière pour la semer mais elle se jette à l’eau et traverse en nageant avec un lion à grosse crinière. Les lions nous parlent et disent que s’ils sont les rois de la forêt, nous, les humains, sommes les rois de la jungle urbaine.

(Archives, Éléphantaisie 2007)
Les lions demandent qu’on les attende jusqu’à la nuit car ils ont une mission pour nous. Ce qui nous conduit jusque dans un verger de cerisiers. Les arbres sont tous taillés en bouquets égaux qui fourmillent d’insectes. Une massive construction de béton cannelé aveugle est construite autour des bosquets. Nous nous installons dans une anfractuosité éclairés de la bâtisse pour attendre. Il fait noir. Des gardiens sortent par la porte aux pieds de laquelle nous sommes assis et nous disent que nous devons partir car ceci est un monastère.

(Archives, métro 2007)
(Archives, métro 2007)
Nous savons que la mère n’est pas loin et qu’elle va nous attaquer. Mais on ne parvient pas à s’en aller. Une grande lionne nous poursuit et nous allons nous réfugier entre les voies, au milieu de l’autoroute. Nous voulons aussi franchir une rivière pour la semer mais elle se jette à l’eau et traverse en nageant avec un lion à grosse crinière. Les lions nous parlent et disent que s’ils sont les rois de la forêt, nous, les humains, sommes les rois de la jungle urbaine.
(Archives, Éléphantaisie 2007)
Les lions demandent qu’on les attende jusqu’à la nuit car ils ont une mission pour nous. Ce qui nous conduit jusque dans un verger de cerisiers. Les arbres sont tous taillés en bouquets égaux qui fourmillent d’insectes. Une massive construction de béton cannelé aveugle est construite autour des bosquets. Nous nous installons dans une anfractuosité éclairés de la bâtisse pour attendre. Il fait noir. Des gardiens sortent par la porte aux pieds de laquelle nous sommes assis et nous disent que nous devons partir car ceci est un monastère.
(Archives, métro 2007)
dimanche 4 avril 2010
samedi 27 mars 2010
Les missionnaires dans le métro
On voit assez rarement des Missionnaires de la Charité avec leur sari à bandes bleues ici, à Montréal. Quand je les ai vues dans le métro, j’ai tout de suite eu l’envie de les dessiner. Mais j’hésitais un peu, en me demandant comment elles allaient prendre la chose. Sauf que j’y suis allé franchement et j’ai ouvert mon cahier à esquisses. Malheureusement, j’ai perdu un temps précieux en hésitation car j’avais à peine commencé que déjà elles sortaient. Mais non sans avoir remarqué que j’étais en train de les croquer sur le vif. Et elles semblaient vraiment enchantées. Elles sont venues me voir en s’excusant de débarquer si tôt. L’une d’elle m’a donné un livret pour faire une neuvaine à Mère Theresa et l’autre une médaille, que je garde précieusement.
J’étais sidérée. Je n’ai probablement pas fais leur journée mais… elles ont faites la mienne.
dimanche 21 mars 2010
Transit intestinal
samedi 20 mars 2010
Soubrette secrète
(Archives, métro 2007)
Je suis une femme de chambre agent-double dans un hôtel de luxe. Je dois surmonter plusieurs épreuves pour réussir ma mission. La première est de recevoir un appel téléphonique sans être localisée. Mais je ne trouve jamais d’endroit pour me dissimuler. Il n’y a même pas de toilettes privées. On me transmet une petite musique électronique par mon cellulaire et je dois trouver une semblable mélodie pour l’envoyer en réponse. Des enfants jouent au Game boy dans un couloir, c’est la trame sonore de leur jeu. Je l’enregistre avec mon téléphone. Mais on m’a déjà repéré. Je tente d’aller aux toilettes pour recevoir les autres appels mais elles sont toutes crottées et une autre femme de chambre vient la nettoyer pendant que je suis assise sur la bol. Cela ne fonctionne pas, je suis congédiée des services secrets.
(Archives, Souzannah 2004)
Mon patron m’envoi un colis en guise de lettre de renvoi. Il y a des messages que je refuse de lire, des chapelets en verre avec la croix cassée et un chapelet de plomb avec une croix double. Des masques Nô mortuaires dont le nom des parents est inscrit sur les yeux, sur le nez le nom du frère ou de la sœur et la bouche porte le nom du mort. Et une petite maison de carton. Moi aussi je dois faire une petite maison en l’honneur de ma mort symbolique mais je ne veux pas.
(Archives, dessin automatique 2005)
Les femmes de chambres et moi dormons tous dans un placard sur des planches à repasser. Mes co-chambrières me font leurs adieux. L’une d’elle, une blonde française a une maison de porcelaine dans laquelle elle conserve des flacons de parfum. Elle refuse qu’on l’ouvre pour voir ce qu’il y a dedans. Mais avant de partir, j’ose fouiner. Je prends la plus vieille bouteille, dorée avec un bouton poussoir de satin rose Je l’ouvre pour la sentir mais sans oser en vaporiser. L’odeur est raffinée et très subtile. Sa propriétaire me surprend. À prime abord elle est très fâchée mais elle me pardonne quand elle comprend que je n’ai même pas osé m’en servir car je n’ignore pas la valeur que ces trésors ont pour elle. Elle me fait donc visiter ce qu’elle appelle sa boîte à odeur. Pour bien apprécier l’arôme de l’essence dans la fiole dorée, elle me dit que je dois aiguiser mon nez avec d’autre chose avant, comme du papier d’Arménie, des encens et des épices qu’elle conserve dans son coffre.
(Archives, dessin automatique 2005)
Je dois maintenant quitter l’hôtel mais on m’a trouvé un autre métier. Je vais être serveuse chez McDo. Comme je proviens d’un établissement 5 étoiles, mes collègues de travail me méprisent. Mais dans le fond, je me sens plus à mon aise dans ce milieu simple. Je ne tarderai pas à nouer de meilleures amitiés et à m’apercevoir qu’ils sont tous des espions eux aussi. Notre première mission se déroule dans un hôpital où nous sommes tous en chaise roulante avec une jambe dans le plâtre.
mardi 16 mars 2010
mardi 2 mars 2010
Une petite eau fleur de pluie
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