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samedi 28 décembre 2013

Soya et la mésange

Voici une petite installation que j'ai créee pour l'offrir en cadeau à Noël à des gens qui aiment bien les petits chiens et les petits oiseaux. En arrière plan, un dessin que j'ai fait à un endroit que ces personnes aiment beaucoup. J'ai fabriqué les animaux en feutre à l'aiguille.




samedi 14 septembre 2013

Étienne Brulé -coureur des bois-

Voici quelques illustrations d'intérieur que j'ai fait pour le tome 6 de la collection "Bonjour l'Histoires" aux éditions de l'Isatis.
Étienne Brûlé -Coureur des bois-
Par Jacques Pasquet
Éditions de l'Isatis, collection Bonjour l'Histoire
ISBN: 978-2-923234-90-8






















samedi 31 août 2013

Mon son et ma texture


Une très vieille femme émaciée qui posait nue pour des photos artistique fait mouler son propre buste et on lui en donne un tirage, tout blanc, pour souligner l’ampleur de sa carrière. J’entre chez elle car la porte est ouverte. C’est tout rose. Elle dit que ce n’est pas vrai, elle n’est pas sénile, il est impossible qu’elle ait oublié de refermer la porte, je n’ai rien à faire chez elle. Je vais sur sa barge flottante toute en or pour me baigner dans sa piscine. Mais son système de sécurité ne me reconnait pas comme sa maîtresse alors l’eau devient empoisonnée. Je sors tout de suite de l’eau pour retourner sur le bac volant. Une grosse fleur verte tombe des nues pour venir me prendre prisonnière dans sa corole mais je saute de côté juste à temps et je m’agrippe sur les pétales. Étant trop lourde pour qu’elle puisse me porter, la fleur me fait souplement descendre jusqu’au sol.

Je suis dans un grand jardin verdoyant plein de lianes et de saules pleureurs. Je suis vêtue d’oiseaux blancs et de fleurs bleues. Je suis poursuivit par des oiseaux automates: un colibri et un autre hybride entre le geai bleu et l’épervier. Mais je réussis à faire en sorte que le rapace attrape l’oiseau mouche. Un vieil homme m’accompagne et me conduit jusqu’à la maison des habitants du parc. C’est un champignon géant où vivent deux grands garçons très maigres aux cheveux longs vêtus de combinaisons moulantes et bariolées. Mon hôte me demande qui je suis et son acolyte lit ma démarche artistique telle que je l’ai écrite dans mon mémoire de maîtrise. Il demande ensuite quel serait mon son. En même temps, un projecteur diffuse sur un écran une image de ma texture. Le vieillard qui est avec moi lit ma BD Mandragora de sa voix grave et rocailleuse. C’est cela mon bruit. Mais je trouve qu’il y manque quelque chose comme  un chœur de femmes stridulant qui font des vocalises dans le lointain. Et ma couleur ressemble à la surface d’une planche de bois au grain clair et verdâtre avec des petits nœuds d’une teinte de rouille.

L’acolyte de l’esprit sylvestre va tuer des gens dans un vaisseau spatial. Comme il ne sait pas quoi faire avec les cadavres, il va les enfermer dans les caissons d’hibernation. Quand l’équipage va s’y coucher pour un long voyage, un astronaute se rend compte que son voisin est mort et que son cadavre est momifié. La momie se lève et commence à vomir ses paroles comme une soupe aux pois jaunâtre dans un bol. La mixture révèle les informations concernant son meurtre et son assassin. Mais nul ne peut arrêter le processus de cryogénisation automatisé par l’ordinateur de bord du vaisseau et le voyage commence. Nous sommes plongé dans un sommeil tellement profond et tellement long que nous perdons toute notion d’humanité. Nos corps se transforment en planètes aplaties par la force de gravité à laquelle est soumise le vaisseau. Je me vois revenir dans le passé, au moment où j’ai gagné une course de char contre Athéné, en passant sous une arche gigantesque en forme d’éléphant blanc décoré de dorures.

mardi 14 août 2012

Belle rive




Je suis sur le bord d’une île. C’est l’été et il fait un soleil éclatant. Les arbres ont leurs racines dans l’eau. Plein d’enfants m’accompagnent dans une chasse aux papillons.
Nous en cherchons un dont les ailes seraient du plus beau bleu possible. Nous en avons déjà trouvé un avec les ailes irisées mais quelqu’un les a touchées avec ses doigts et elles sont toutes fripées. On dirait qu’elles sont mortes et qu’elles vont tomber.
Il y a d’autres papillons aux ailes argentées mais ce n’est pas ce que je cherche. Leur teinte de bleu est trop falote. 

mercredi 26 octobre 2011

Il faut lui remettre une fleur, pas n’importe laquelle



Les libellules, quand elles font l’amour, ont la forme d’un cœur.
Et une libellule en anglais, c’est «dragonfly», mouche-dragon. C’est joli.

Dans un dépotoir, nous recherchons une nouvelle forme de vie tombée sur terre. Et on se demande comment lui représenter l’espèce humaine selon ce qui la caractérise le mieux. En tant qu’artiste, je pense automatiquement à lui montrer la beauté. Mais à bien y réfléchir, ce n’est peut-être pas la meilleure chose. Car nous n’avons pas inventé la beauté, nous avons simplement appris à la voir. Et c’est très subjectif. Je crois que l’humour serait plus approprié. Car le rire existe même s'il est personnel. C’est un sens qu’il est possible de désigner et de nommer.
Est-ce que la plus belle chose au monde pourrait aussi nous faire rire?

mardi 16 août 2011

Une pierre peut-elle mourir?



Le silence s’est levé.
Dessiner le soir auprès du feu, dans la forêt, sur le bord d’un lac, c’est ma version du paradis.
Pas de téléphone, pas d’internet et LE SILENCE…
Un silence immense, gigantesque, sublime, superbe. Un silence qui enveloppe tout. Jusqu’à ce qu’on devienne silence soi-même et qu’on retrouve la paix.
L’hiver, les gens vont dans le sud. Moi, l’été, je vais dans le nord.

dimanche 31 octobre 2010

Trépasser à basse température au besoin

Selon Wikipédia :
« Le bouleau à papier (Betula papyrifera), communément appelé bouleau blanc ou bouleau à canot au Québec, est une espèce de bouleau dont l'écorce se détache facilement en bandes. Il pousse en Amérique du Nord. (…) »

Je n’ai pas pris l’écorce sur l’arbre, je l’ai ramassée sur le sol. Ensuite je l’ai fait tremper quelques jours pour la nettoyer. Elle doit bien absorber l’eau afin de ramollir. Et pour finir, je la mets sous presse entre des guenilles (ou mieux, du papier buvard mais je n’en ai pas). On peut faire sécher plusieurs feuilles ensemble pourvu qu’elles soient séparées par des acétates. Et quelques livres d’histoire de l’art suffisent à les aplatir. Le bouleau est imputrescible.




Dans un pays où le thermomètre va bientôt descendre jusqu’à -50ºC, il n’est pas bon d’enlever sa peau, monsieur le bouleau. Alors je lui ai dessiné une belle dame en manteau, pour lui donner chaud.

Hier soir une première neige est tombée sur Montréal. C’est le temps de mettre nos grosses peluches.

lundi 13 septembre 2010

Un monde à la fin du jour


Le lac noir, une fenêtre sur la nuit.

Si seulement l’histoire racontait les victoires possibles, et non les échecs du passé, ça serait plus facile de faire les bons choix. Mais l’humain a la vue courte puisqu’il semble obsédé par l’idée d’être à l’aube de la fin du monde. Et, étrangement, c’est toujours de sa faute à lui. Comme si l’apparition de la vie se précipitait inéluctablement vers la mort.
J’aimerais bien me lever un matin et dire que tout cela n’est pas vrai sans être étouffée par les échecs des autres jusqu’à ce qu’ils ne deviennent les miens.

mardi 6 juillet 2010

Les arbres ont marché au parc



Les clôtures du marché Maisonneuve font comme une prison sur le toit des arbres dans le parc du même nom.

vendredi 18 septembre 2009

Nebulus



Lui-même, le chantre éponyme. Celui qui aura perdu l’œil mais retrouvé son pied… dans l’œil d’un autre.



Et moi, l’autre, qui dessine comme un pied.

lundi 7 septembre 2009

Sur les quais

Un jour, je saurai dessiner le chant du soleil.



Quand je serai lac
Mon ventre doré
Ne saura que pleurer.

vendredi 21 août 2009

Les repentirs d’une plainte

Pardonnez leurs, ils ne savent pas ce qu’ils sont.



Je me suis demandé à partir de combien d’angles un polygone peut-il être considéré comme un cercle?



Ça aurait sans doute été plus court d’aller chercher un livre de géométrie.
Je me suis amusé avec la démonstration…et j’ai finis par dessiner dessus.
J’imagine qu’à partir du moment où une forme possède 360 côtés égaux, d’angles identiques et que ces faces ne sont pas trop grosses, on est en présence d’un beau cercle.



Si on en croit Vasari, Giotto aurait envoyé au pape, qui demandait des preuves de son géni, un cercle parfait dessiné à main levé. On voit que je suis encore loin d’avoir autant de doigté. Et j’ai entendu la même anecdote sur Picasso et Da Vinci, mais de source moins fiable.

lundi 17 août 2009

Je voudrais être…

…un p’tit oiseau.



J’aime l’eau qui chute quand elle recouvre les pierres au moment où la vague retombe.


Erreur: je me suis trompée sur la date. C’était bien en 2009.



C’est une lanterne
C'est une mangeoire
Ou l'un et l'autre.

Je voudrais être un petit oiseau qui mange du feu.

mardi 7 juillet 2009

Les rêves d’étain

Un rêve déteint
Ou un rêve de toi
C’est ainsi qu’elles parlent
Et si les corolles s’allument
C’est seulement pour moi.

J’aurai pu le garder
Tendre soleil, doux moment, herbe grasse… ça ne veut rien dire.
Avec un dessin, c’est déjà mieux.
Serait-ce enfin l’été ?
Au moins pour un jour
Et c’était ce jour-là.

mercredi 10 juin 2009

Anna et l’impérissable

Méditation sur la nature observée. Imagination d’une trace libre évoquant un visage. S’immerger dans un trait spontané où l’œil, comprenant l’idée du vide le comblera fort mal, doutant d’être une sonde assez fine. Mais la pensée préalable installe un certain confort, une habitude, comme un regret : c’est Anna. Et le roi, c’est tout le reste, car il ne dort jamais.



Je suis en train de lire un livre très intéressant de Tzvetan Todorov : « Éloge de l’individu –Essais sur la peinture flamande de la Renaissance–. »
Voici quelques citations intéressantes :

p.41 : « Le christianisme primitif privilégiait l’individu, en n’imposant aucun intermédiaire entre Dieu et lui; le christianisme institutionnalisé favorise la fonction et le rang à l’intérieur d’une hiérarchie, au détriment de l’individu. »
Et à propos de l’hérésie iconoclaste :
« Le monde visible ne mérite pas qu’on s’y attarde, il n’a aucune dignité propre. Tout lien entre le haut et le bas est rompu : le ciel ne communique pas avec la terre. »

Un peu plus loin on aborde la philosophie de Guillaume d’Occam comme une apologie presque involontaire du portrait. On lui prête ce principe théologique de la « liberté absolu de Dieu » selon lequel notre monde serait bien trop ordinaire pour représenter en lui seul l’éventail des possibilité de Dieu. Et voici les conclusions étonnantes qu’il a donc tiré d’un tel principe :
p.44 : « Puisque le monde humain n’est pas une simple continuation du monde divin, il n’y a aucune raison de vouloir le gouverner selon les commandements de Dieu. »
p.45 : « La connaissance n’a pas besoin de Dieu. »

Guillaume d’Occam … un penseur éclairé du moyen-âge.
Des fois, j’ai l’impression que l’histoire recule vers le futur.